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Le blog des Amis Poètes

Oyez, oyez, braves poètes. Entrez ici dans le cercle magique de la lanterne poétique !

Venez rencontrer ces trois muses : la Beauté, l'Esprit et le C½ur.
Elles vous emmèneront au pays subliminal des sentiments et des caractères forgés, là où les anciens bardes nous ont montré le chemin.
Cet espace est unique. Bonifié au Siècle des Lumières, il vole avec élégance et s'échappe vers un horizon constellé où les soleils font la cour aux étoiles.
Lisez ces poèmes et s'ils pénètrent votre âme, qu'elle garde au plus profond d'elle, leurs bouquets, cet exquis parfum d'espoir, cette fragrance exquise qui fleure à chacun de ses pétales, l'Humanité.

Vous êtes poète et vous souhaitez publier vos poèmes sur le blog des Amis Poètes
alors envoyez-nous vos poèmes au format Word ou PDF à l'adresse : amispoetes@numericable.fr



Une voix de poète

Ma voix dure et tranchante, au ton sans complaisance,
Exprime son opprobre avec force et aisance.
Il faut dans certains cas, en légitimité,
S'indigner et crier, sans peur, sans lâcheté.
Le poète est un chantre aux multiples langages.
Soyeux comme un câlin, il peut être un orage.
Dénoncer la laideur et louer la beauté,
Il le fera toujours et sans satiété.
Du haut de son Olympe, il défend le Parnasse
Et s'empreint de sagesse au seuil d'Halicarnasse.
Il préfère l'exil comme l'a fait Hugo.
Son esprit transcendé cultive son ego
Et son combat puissant, sa lutte universelle
Ne peuvent contenir dans ce qui les muselle.
A la jeune Aisha, visage mutilé,
Il ne peut que livrer son coeur horripilé.
Il est Je, il est Moi ; le Cid et Don Quichotte,
Il est dans sa vengeance un Nevers et sa botte.
Il n'a pas de leçon à recevoir d'autrui.
Son style et sa façon n'appartiennent qu'à lui.
Il répond de son fait et quand le ciel s'allume,
Dans l'aube et le soleil, il renaît et s'assume.

Quand la racine boit l'eau de la fontaine

Ce que l'on voit se restitue
Et bon arroi se destitue
A n'être pas gravé de mots.
Le beau langage est en pieds bots,
Cahin-caha, dans ses chaussures
Si mailles en déconfitures
Mettent jarretière en sabots.

On doit devoir en l'écriture
Et périra déshonoré
Qui n'aime livres et lecture
Ou veut chapitre édulcoré.
Il irait par mésaventure
A l'endroit de sa sépulture
En grande peine et désarroi
De n'avoir pas en son charroi
Arrimé poésie à culture.

Serge LAURENT
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#Posté le vendredi 19 juin 2009 09:32

Modifié le dimanche 19 juin 2011 15:37

Ateliers de poésie

Serge LAURENT anime des ateliers poésie les 10, 11, 12 et 13 avril 2012 au Centre Socio-culturel de Marly (Moselle) pour des enfants de 8 à 12 ans.
Ateliers de poésie
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#Posté le samedi 17 mars 2012 13:09

Plaidoyer pour la raison

(poème en douze chants)

Intro

Pétri d'amour, contrit de haine,
Je vis sous le ciel des devins,
Où pâtre au milieu des ovins,
Je savoure la nuit sereine.

Premier chant

Avril deux mille et plus, jour de l'apocalypse !
Le voile s'est levé pour tous les indignés,
Ceux qui désespérés, meurtris et dédaignés
Ont brisé leur chiourme où le nervi s'éclipse.

Dans un soulèvement qui sans cesse s'aggrave,
Les peuples ont banni, lois et gouvernement.
Cette colère unique et sans discernement,
Est l'oeuvre en tous pays du vaillant qui les brave.

Les asservis quittent leurs bas-fonds séculaires.
Le plus pauvre n'est plus un sujet expirant.
Tous les spéculateurs, aux bourses, conspirant,
De panique ont cessé leurs vols orbiculaires.

Les états courroucés leur imposant silence,
Les coteurs financiers ont perdu leur statut.
Pour avoir dépravé, l'habit du substitut,
Le noteur des marchés doit fermer son agence.

Des outlaws, des tarés ont partagé le Monde :
Les érudits menteurs, les crétins inconscients,
Les parvenus idiots, les singes omniscients,
Le nihiliste anar, l'absolutiste immonde.

La Russie escomptait maintenir sur leur trône
Un lot d'apparatchiks et de vieux dictateurs.
Les peuples mutinés, fervents agitateurs,
Jetèrent à Vauvert, la doctrine et le prône.

La Chine en contrecoup attrapa la jaunisse,
Le Tibet dévalant de son Himalaya.
Les montagnards n'étaient ni Sioux, ni Maya.
Le veau d'or en creva éventrant la génisse.

Ainsi Charybde vint, hélé par l'injustice.
Et Scylla le suivit humant la corruption.
L'aversion fit sa place et dicta l'éruption
Pour faire disparaître un système factice.

Deuxième chant

A cette époque là, le Vésuve en colère
Ecrasa sous la chaux le berceau des mafieux.
Gomorra, ses parrains et leurs bandes de fieux
Sombrèrent à jamais sous un spasme de terre.

Lampedusa devint un asile illusoire !
La caldera bouillait depuis bien trop longtemps.
La Méditerranée avait usé le temps,
Dans le latin perdu de son legs collusoire.

Sur la Côte d'Azur, plus rien n'était viable.
Les hôtels s'abaissaient au niveau des trottoirs.
L'ouragan tempêtait de ses coups de boutoirs.
Les palaces hochaient, agités par le diable.

Brandissant ses pamphlets comme un jet d'immondice,
Un imam haranguait sous l'arche des pendus.
Il vomit quelques mots comme des ½ufs pondus
Quand la môme au couteau lui trancha l'appendice.

Voici la charia, l'ultime préjudice.
La zaouïa l'enseigne au pied du minaret.
L'ostracisme a sa secte et puise au lazaret,
Où la smala machiste élève son spadice.

Les barbus s'étaient tus devant les barricades,
Leurs visages mangés d'orbites caverneux,
Crachant des vers luisants, convulsés et nerveux,
Leurs intestins vidés dégueulant en cascades.

Damas sentait le souffre et devint interdite.
La cité expirait sous la pire oppression.
En décomposition, sans la moindre expression,
L'O N U ravalait sa pitié contredite.

La grande insurrection des foules déchaînées
Avait fait tâche d'huile et Bachar Al Assad
Avait été tué par l'agent du Mossad
Qui lui avait rendu les armes dégainées.

Puis, l'Iran menaçant, subit aussi la foudre
Où les ayatollahs, par les adolescents,
Se firent empaler sur l'aile des croissants.
La vindicte explosait comme un tonneau de poudre.

L'incendie emporta les fondamentalistes.
Leurs écrits surannés y furent calcinés.
Mysticismes et fois churent déracinés,
Dispersés aux typhons existentialistes.

Des veuves lapidaient les crieurs salafistes.
"Le pouvoir, le pouvoir... Allez vous faire voir !
Vous rendre inoffensifs est l'action du devoir.
A bas, la soumission ; à bas, les intégristes !

Notre accomplissement est de donner la vie.
En nous débarrassant de vos rites cruels,
Nous voulons un état sans colliers cultuels
Où la femme peut vivre heureuse et assouvie "

Dans des mares de sang, les mollahs périssaient.
L'aube se déchaussait sur les dômes des tours.
L'air saturé de mort gorgeait les alentours,
Répandant ses poisons où les souks surissaient.

Une eau ensanglantée éructait sa gadoue.
Les quais se garnissaient des fuyards courbatus.
Des marmots écrasés et lovés en f½tus
Bordaient, coquelicots, l'arrondi d'une roue.

Des affamés fouillaient dans les poches de cendre.
Quelques rats décharnés, crachés par les égouts
Allouaient au repas, la saveur des dégoûts
Sous un tourbillon noir qu'un jour faisait descendre.

Troisième chant

Laodicée hurlait des sirènes de guerre
Et sur le front de mer, les soldats en faction
Regardaient la marée emporter dans ses serres
Des grappes de corps nus, verts de putréfaction.

Chaque jour, les combats enlinceulaient la plage
Et les vaincus d'hier, conquérants d'aujourd'hui
Prenaient l'huis du courant pour venir à la nage
Harceler l'inconnu pour déjouer l'ennui.

Les sicaires rasaient l'aire des édifices
Pour mieux voir l'agresseur dans le Septentrion.
La scène était livrée aux sorts et maléfices,
Au théâtre abhorré d'un sinistre histrion.

Les rongeurs s'emmêlaient où se mêlaient les larmes,
Disputant leur espace à la gent des étangs.
Les patrouilles passaient aux cliquetis des armes
Sous un astre farouche éclaboussant leurs rangs.

Quand leurs souliers ferrés venaient racler les rues,
Une échoppe éborgnée abaissait ses volets
Et ses creux délavés sous les lumières crues
Se zébraient de cinglons pour heurter leurs mollets.

Ils traquaient l'ennemi, défonçant chaque porte
Et tiraient des maisons, des gens dépenaillés
Qu'ils chassaient devant eux, pitoyable cohorte,
Où les gosses hurlaient, par la peur, tenaillés.

Les ghettos répandaient dans le pays exsangue
Leurs cordons serpentins vers les glacis du Nord.
Tous ces destins privés de parole et de langue,
Fléchissaient sous les coups des reîtres sans remord.

Des gamines cachant leur vertu sous leur pagne,
Aux pierres du chemin écorchaient leurs pieds nus.
Cravaches et bâtons dans l'enfer de ce bagne
Coupaient leurs frêles corps, violets et ténus.

Jurons, obscénités raillaient leurs masses drues.
Des yeux inquisiteurs violaient leurs secrets
Affolant leurs parents qui maudissaient les rues
Favorisant l'affront des touchers indiscrets.

Avec au bout du bras, un violon sans corde,
Un garçon de dix ans encourageait les siens.
Sur l'esse, il tapotait sa note monocorde,
S'égrenant comme un glas sous ses doigts musiciens.

Une petite fille à la peau démaillée
Portait de sa poupée une jambe et le tronc
N'ayant plus à donner que sa bouche entaillée
Pour consoler l'objet fait de paille et de jonc.

Les blindés surchargés, se pressent en cortège,
Où des chiens éventrés traînent leurs intestins,
Lustrant une chenille où leur pulpe s'agrège
En rubans déballés pour d'horribles festins.

Un peuple dérivant sur un sablier ivre
Clopinait vers les camps bruyants du désespoir.
Au delà des oueds, dans son chaudron de cuivre,
Un soleil crématoire arborait son mouroir.

Le désert se vrillait des pales de l'aurore.
Ses rubis enchâssaient d'infortunés troupeaux.
Son baiser s'ébréchait aux tessons d'une amphore.
Son haleine fusait en griffant les drapeaux.

Au chagrin emperlé, une larme s'irise.
Elle courait au sol, étoile de cristal,
Grelottant au layon qui zigzague et se brise
En un sillon rougi comme un cordon f½tal.

Les drames sont muets. La folie
A conservé l'objet d'un tel effondrement
Et les ambassadeurs à la langue polie
Ajoutent leur silence à ce démembrement.

Nous sommes d'un pays comme le vent des sables,
Jamais entier d'ici, toujours un peu d'ailleurs.
Les anges poignardés sur le granit des tables
Ont payé d'un prix cher, les runes des tailleurs.

Un archipel rebelle aux pieds de Bételgeuse
Recueille les morceaux d'un escadron battu,
Dérobant ses sursauts sous la rade rugueuse,
Où son élan drossé frôle un phare abattu.

L'ombre des maraudeurs sur les monts se faufile.
Ils vont glaner les yeux, sinistres charognards
Et clouer sur le cadre en bois d'un péristyle,
Quelques mains de bambins à l'acier des poignards.

L'iris des condamnés reflète les nuages.
C'est l'ultime bastion d'un passé conservé.
Il y reste un espoir et parfois, quelques rages
Où l'orage en feulant heurte un seuil préservé.

Aux carreaux pétillants pavant la boucherie,
La faucheuse à l'affût agenouillée attend.
Son ongle de raphia suit la cartoucherie,
Glisse un ocelle fauve où le tocsin s'étend.

Quatrième chant

Où flotte le syrma de l'illustre Hypatie
Et les courbes sans fin de son corps répandu,
Les paillassons jaunis où le reg s'extasie
Moulent le signe fin de son pas suspendu.

Alexandrie entend les clameurs d'une Egypte
Où l'évêque Cyrille au nom de ses chrétiens
A donné cette femme au clan des béotiens
Pour qu'ils l'écorchent vive aux recoins d'une crypte.

Intelligente et pure, idéale victime,
Drainant l'admiration, suscitant le respect,
Elle avait tous les dons et le plus bel aspect.
Pour que le Cinarôn soit témoin d'un grand crime.

Du plus brillant esprit et libre de pensée,
Son savoir égalait sa générosité.
L'univers endeuillé, dans la morosité,
Pleura l'âme érudite, accomplie et sensée.

Rites désenchantés, croyances aberrantes,
Dieux uniques prescrits à la postérité,
Intolérants prêcheurs niant la vérité,
L'obscurité s'attache à vos basques errantes.

La Saint-Barthélemy, éblouit le massacre.
Les prélats imprégnés de fausse compassion
Feront plus d'orphelins que toute la Passion
Pour qu'un monothéisme élabore son sacre.

Peuples de tous les temps et de tout temps esclaves,
Qui se sont prosternés dans leur naïveté,
Le dogme est-il ce joug dictant la sainteté
Où les Ponce Pilate ont leur place aux conclaves ?

Elle avait découvert l'ellipse des planètes,
En enseignant tout l'art néoplatonicien,
Maîtrisant les talents du meilleur physicien
Pour tisser une science en fils d'argyronètes.

Ce destin exemplaire a dans sa précellence,
La clé donnant l'azur au pâle quotidien
Et reine incontestée au royaume euclidien,
Livra dans l'absolu ses lettres d'excellence.

Le soleil brille au centre et la nuit sans ténèbre
Fait du ciel étoilé le livre du cosmos
Où dans cet empyrée apposant ses chromos,
Se repose Hypatie infiniment célèbre.

Cinquième chant

L'hydre qui va japper aux portails de la ville
Avec son complet noir a peur de la clarté.
Aux culs-de-basse-fosse où la fange est servile,
Les Parques ont planté le jardin essarté.

Ils ont fait un barrage où capturer les astres,
Où les divinateurs s'effondrent aveuglés.
Les rayons du nadir les chassent des désastres
Et figent au zénith leurs essors épinglés.

Après tous ces frelons de ferraille et de fonte
Engloutis par l'abysse éperonné des cieux,
Dans le champ féodal que le Ponant affronte,
La guerre a décliné l'impuissance des dieux.

Caparaçonné d'or aux rayons acérés,
Un fleuve avait séché, privé de ses oboles
Et ses filons taris de la soif des idoles
Flambaient dans leur poussière et leurs lits lacérés.

Dans des cloaques noirs où la chair gesticule,
Où grouillent tant de rats pour la déchiqueter,
Sur les os dégarnis, on entend cliqueter
Des dents pour cisailler un nerf, un testicule.

Au port désagrégé, flottent f½tus, entrailles,
Des ovaires de femme avec les goémons
Et leurs corps démembrés par d'horribles démons
Déversent dans les flots, le sang de cent futailles.

La pierre noire luit, où le vautour ricane.
La sédition conquiert le soldat amaigri.
Un déserteur s'enfuit dans le ressac aigri
Et de son poing trahi, maudit tant de chicane.

Une salve sifflante ouvre une cathédrale
Et derrière l'autel, un prélat, massacré
Dessous un tabernacle où plus rien n'est sacré
Graisse de sa cervelle un marchepied qui râle.

Le vallon pilonné, fume et se désintègre,
Léchant comme un oiseau, son plumage terni
Et de son bec rigide à l'écusson verni,
Il va touiller la vase où s'engloutit la pègre.

Le peuple s'agenouille et caresse la pierre.
Ses jambes sont d'argile et son talon, de fer
Il se voudrait agile à devancer l'enfer
Mais ce dernier le pousse à choisir sa misère.

Amylclée a tremblé sous la poigne du sbire
Qui d'une hanche à l'autre éviscère ses chairs.
Il prend sa chevelure et l'a bat dans les airs
Puis comme un forcené, l'égorge avec un rire.

Un maelström de feu, d'un appétit vorace
Déborde la nuée, étrangle l'horizon.
Le khamsin a glapi, chassé de sa prison
Où les bombardements ont dérobé sa trace.

Rejoignant le carnage et fouillant une loque
Se disputant un pied, désossant un moignon,
Les loups tranchent un tronc, n'en laissent qu'un trognon,
D'où le c½ur expulsé, en cloque, se disloque.

Sixième chant

Le bourg est un geyser dont les flancs se convulsent.
Les half-tracks vont pincer les blockhaus, les fortins
Et serrant leurs remous pour broyer les mutins
S'agglutinent, sanglants, aux murs qui se révulsent.

La révolte s'enroule où le Styx virevolte
Et zone de tampon où s'apaisent les chocs,
La ruine qui demeure en érigeant ses blocs
Soulève un pan lépreux puis tombe, désinvolte.

Le vent gratte la cendre et sur un fût, s'assomme.
Les vers se sont lovés dans un vieux madrier.
Une mare s'ébat comme un glauque encrier,
Baignant un carnassier de son brou, qu'il consomme.

La mitraille a couché les bulbes et les flèches.
Une haleine torride effeuille les missels.
Des meutes aux longs poils forment des carrousels
Pour presser les chevaux attelés aux calèches.

Les cavernes d'antan élargissent leurs antres.
Un village rasé vomit ses prisonniers.
Des poutres ont rougi comme des tisonniers
Dont le métal se tord, sur des broches de cantres.

Persépolis accuse et requiert une excuse.
Le pus de l'allergie appert en eczémas.
"Haro sur les laïcs" ! Aux bancs des ulémas
S'établit l'anathème où l'Islam se récuse.

Septième chant

Les enfants s'écartaient du giron de leurs mères
Et couraient vers le feu si doux aux parias,
Pour consumer la morgue inscrite en charias
Aux pamphlets des versets et des doctes chimères.

Pour attiser la braise et par manque de paille.
Les veuves renversaient l'essence des bidons
Dans une gueule hideuse où brillaient des brandons.
Les flammes évoquaient l'âge de la ripaille.

Le royaume d'Hadès, d'une transe infernale,
Secouait sa torpeur. Les busards, les corbeaux
Prenaient de la hauteur au-dessus des tombeaux
Où leurs chahuts bruissaient sur la plaine hibernale.

Les nuages passaient, se mêlant aux fumées.
Eclaboussé de sang, le zénith en bardeaux,
Pleuvait sur un convoi d'émigrés en radeaux
Pour les encalminer aux criques enrhumées.

Dessous leurs ailes d'or; emportant des grenades,
Des condors ont grandi, venus du firmament.
Ils trouaient, du lointain, le mince ligament,
Eclairé des lueurs pourpres des dragonnades.

Les rois mahométans voués à l'occultisme
Regrettaient les édens perdus des oasis.
D'Emèse à Ougarit, des ascètes rassis
Légitimaient, par Dieu, l'ère du fanatisme.

Quel dieu va donc gagner cette lutte ordinale ?
La foule se tortille autour d'un rocher noir.
Dans un flot continu, sorti d'un entonnoir,
Baal conduit le bal, guide la bacchanale.

Le ressac progressait en vagues ondulantes,
Projetant sur l'estran, la mousse des embruns.
Un détrousseur penché sur les arroyos bruns
En sondait au crochet, les vasques purulentes.

Une pauvresse morte au fond de ses guenilles,
Servait de combustible à d'affreux garnements.
Contre un froid triomphant, par manque de sarments,
L'âtre se disputait le chaume et les brindilles.

Des billets sans valeur, débris des faux négoces,
Servaient à récurer le vomi des carreaux
Où le nez des traders en truffiers des bureaux,
Reniflaient aux ressuis sépulcraux et féroces.

La fosse où croupissait, un lisier d'intégristes,
Nus, crasseux, arrosés de pisse et de purin,
Se gonflait de parpaings au contour purpurin.
Les filles se vengeaient de tous les terroristes.

Les gens vivaient ainsi, moins perçus que les bêtes.
Désordre et lâcheté expliquaient tant d'erreur.
La désinformation propageait la terreur.
L'Histoire s'effilait aux mains d'analphabètes.

Un gars dépenaillé dans l'agora déserte,
Gueulait, déblatérait, beuglait dans les déchets.
Il balançait des mots comme des ricochets
Que renvoyait l'écho sous la voûte entrouverte.

Le choc était venu du stupre et de l'outrance.
Les malheureux avaient occis les financiers,
Carbonisé la bourse avec ses tenanciers.
Les spoliés, les ruinés entraient en résistance.

On voyait s'offusquer une terre en souffrance.
La frénésie avait envahi l'Occident
Et les gouvernements parlant d'un accident
Agitaient les hochets de leur incohérence.

Les forçats ayant fui, lazzis et servitudes
Protégeaient leurs enfants du mal des papautés,
Investissant au Nord quelques principautés
Dont les maîtres avaient quitté les latitudes.

Ces îlots dans la mer des oublis et lacunes,
Grains d'un rivage hostile hanté par les brouillards,
Entourés de récifs et d'océans braillards
Pouvaient abriter ceux qui rêvaient sous les dunes.

Ils avaient professé la paix universelle,
Cultivant le bon sens sans ses persécuteurs.
Fusillés pour cela par leurs exécuteurs,
Leur meurtre avait remis, la liberté, en selle.

Huitième chant

Délivrant leurs regards du champ des hébétudes,
Impulsant leur esprit au seuil de l'inconnu,
Aux lieux où l'humanisme abstrait s'est abstenu,
Les êtres molestés changent leurs habitudes.

Le bourdon vitupère au choeur des ministères.
La confusion séduit un chaos incessant,
Se déchire et se souille où l'altruisme est absent.
Dieu meurt de solitude au milieu des mystères.

Le moi profond de l'homme asservi sous les temples
Livre aux bestialités, ses gouffres descellés.
L'ombre a dissimulé les forfaits recelés
Aux blêmes parchemins imposant leurs exemples.

L'écume a disséqué le navire à la rouille.
Les états morcelés sombrent en compromis.
Le légiste ergotant dessert l'acte promis,
Eludant le bon droit aux remous de l'embrouille.

Ne fléchit pas devant ! Les gloires écroulées
Caressent la tranchée où sont morts les soldats.
Les comptes dévoyés, aux pages d'agendas,
Sombrent dans les dénis d'informations volées.

Le clair de lune tremble où frissonnent les feuilles.
La trahison, la faim, le désir et la peur,
Amènent puanteurs et relents de vapeur,
Au travail infécond des cuirs de portefeuilles.

Les castes et les clans, aux ruses déployées
Au chevet du patient agitent leurs potions
Et dans son lit crasseux où baignent les morpions,
L'agonisant vomit des doses employées.

Les friches font le vide au royaume de l'arbre.
La racine en compost isole son aubier,
Mais l'aquilon semant les graines du sorbier
Fait fleurir un pays disparu sous le marbre.

Le génocide éclot où le pouvoir s'accroche
Aux godillots cloutés des régimes vénaux.
Les canons retirés du fond des arsenaux
Vont assouplir le peuple et mâter le gavroche.

Neuvième chant

La mère gît sans vie au centre de sa couche
Les rats ont fait leur nid d'un bonnet d'enfant mort.
Ils ont mordu sa lèvre et dévoré sa bouche,
Tiré sur ses cheveux englués par l'effort.

Les pères sous les yeux de leurs progénitures
Sont torturés, tués, ne se réveillent pas.
Leur bave qui s'écoule abreuve le repas
Des chacals épiant dessous les garnitures.

Un air pestilentiel annonce une aube torve.
Les linges sont tachés des fientes d'oiseaux.
Des cadavres gonflés agitent les roseaux.
L'azur de sa sueur débarbouille sa morve.

Les rebelles tiennent la jungle et la montagne.
Les bourreaux sont en ville entre les barbelés,
Au milieu des blessés sans cesse amoncelés,
Et des spectres blafards que la gangrène gagne.

Dixième chant

Honneur et dignité quittent le sacrifice.
La géopolitique aime les maquereaux.
Où la cupidité met le peuple aux barreaux
Assignant l'esclavage au pied de l'édifice.

Quand l'obreption discourt comme une saladière,
Quand l'huile sent le rance où flairent les gamins,
Quand l'odeur de la bouse encense les chemins,
L'objection, pour recours, ouvre la grenadière.

Un combat meurtrier peut servir une cause.
Mourir la tête haute et briser le mépris
Donne de la noblesse au travail entrepris
Et son utilité ne souffre aucune pause.

Onzième chant

Les métropolitains dénoncent l'anarchie,
Craignant le châtiment des francs provinciaux.
Sur les fonds baptismaux des bonis cruciaux,
Ils se prononcent tous pour une oligarchie.

La fièvre a frappé la plèbe méprisée.
La colombe cendrée échappe au cormoran,
Maudit tous les djihads inspirés du Coran
Puis vers son nid crevé, retourne dégrisée.

Dans les ports, les dockers déchargent sur les grèves
Des moissons de fusils en place d'aliments.
Les entrepôts sans blé mais repus d'armements,
Attendent en rêvant, d'hypothétiques trêves.

Quand les labours des champs ont leur sillon inculte,
Quand les mots décimés quittent l'enclos muet,
Quand crabes et consorts dansent leur menuet,
Le crâne est ce patient que le scalpel ausculte.

En tyran déconfit, rebut des bellicismes,
Epave guignolesque aux tréteaux coréens,
Kim Jong trois proposait ses jeux manichéens
Sonnant la faim des "Reiche" et de tous les fascismes.

La chaux des plâtriers s'étale au fond des fosses.
Le bulldozer recouvre un tas enraciné.
Poussera-t-il ici, d'un peuple assassiné,
Quelques ½illets carmin sur la tige des crosses ?

Le soleil s'est lustré sur la moire des brumes.
Comme un parfum d'enfants et d'oiseaux envolés,
L'encens des marmots morts, des gamins enrôlés
Ensorcelle la forge où battent les enclumes.

Il faut plus de blindés, de jeeps, de mitrailleuses.
Aucun chômage ici pour tous ces travailleurs
Assurés d'un emploi. Le job des fossoyeurs,
C'est de fertiliser les plaines rocailleuses.

Barbelés, miradors, ergastules à foules,
Les cailloux rassemblés pour les lapidations,
Tout est bon pour servir aux intimidations,
Aux premiers chants des coqs et des dernières houles.

Douzième chant

Tous les gosses ici, morveux, méchants et sales,
Savent jouer la guerre à l'abri des spéos.
Les bouddhas égrugés, dénichés des naos
N'accordent plus en dons, leurs bontés colossales.

L'abattoir en treillis et les coupeurs d'oreilles,
Achèvent le passé pour punir l'avenir.
Les gosiers gargouillent des crus du souvenir,
Avalant des verjus aux derniers ceps des treilles.

L'argent coule, corrompt, trouble les galaxies.
Tous ces astres filants, piastres et magots,
Brillent moins qu'un épi, plus doré qu'un lingot,
Aux lueurs d'un soleil aux folles ataxies.

Le rêveur vogue aux jas nacrés des coquillages
Où l'argot des marins s'édicte en bichlamar.
L'atoll des vahinés s'éveille au cauchemar.
Et le rap vocifère aux tambours des pillages.

Des wagons entravés moisissent dans la gare.
Sud cons a désossé les traverses des rails.
Le syndicat des trains aux caravansérails,
Fait brouter les chameaux et rend l'herbe plus rare.

Des chefs comblés d'honneur, bouffis de privilèges,
De leur intelligence ont fait une oblation.
En cueillant la rumeur d'une sotte ovation,
Ils raflent aux serpents le fruit des sacrilèges.

Epilogue

Aujourd'hui, l'ambition exige l'imprudence.
L'épouvantable ego des grimauds partisans,
Les viles trahisons et les buts courtisans
Ajoutent leur laideur au comble d'impudence.

Le destin nous renforce aux plis des eaux profondes
Où le courroux s'efface au candide alcyon.
Ne donnons jamais cours à la suspicion.
Voyageons dans l'éclair du tonnerre et des ondes.

Sans bruit de calomnie où grince la bassesse,
La nature attendrie aura tout pour aimer
Et nos chuchotements viendront pour consommer,
L'apaisement divin, aux bras d'une déesse.

Il nous faut museler ce tumulte sauvage.
Déplions plus de linge et rangeons les linceuls
Allons nous faire entendre à ceux qui naissent seuls.
C'est aux douces raisons qu'il nous faut rendre hommage
Et laissons l'oraison aux bons soins de l'usage.

Serge LAURENT
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#Posté le samedi 03 mars 2012 09:45

Modifié le lundi 02 avril 2012 08:57

Debout, l'Europe !

S'il vous plaît, donnez-moi la liberté de vivre,
De regarder le ciel et de rêver debout,
De contempler l'aurore où la terre à son bout,
Fait grandir la chaleur sous des barbes de givre.

Que s'abreuve l'esprit aux sagesses du livre,
Et la sérénité qui sied au marabout
Coulera sans entrave où la révolte bout,
Où l'arbre déployé, aux clartés, se délivre.

Où sont les paladins aux brillantes armures,
L'âme des chevaliers passant sous les ramures
Et ce courage fier menant à l'absolu ?

Le brave sait changer le cours irrésolu
Des fleuves de l'Histoire aux courants illusoires
Quand il brave en nocher, les écueils collusoires
De la cupidité d'un pouvoir dissolu.

L'Europe est-elle un pot cassé
Au bord de la fontaine
Pour réveiller ma peine
En son vase brisé ?

L'Europe souveraine
A besoin de croisés
Pour être un jour, la reine
Chez les civilisés !

Serge LAURENT
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#Posté le mercredi 08 février 2012 08:30

Modifié le mercredi 08 février 2012 14:11

Lien poétique

Découvrez tous les poèmes de Ghislain REYNAUD sur

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#Posté le lundi 09 janvier 2012 05:23

Sang indien

Les tambours se sont tus sur la Grande Prairie.
Y a t-il de la neige à Monument Valley ?
Un rock s'égosillait, chanté par Bill Haley
Mais j'écoutais gémir le sol de ma patrie.

L'aigle plane et s'élève où mon âme s'écrie.
Les indiens sont parqués sans ville et sans trolley.
Assis près d'un vieux chien aux longs poils de colley,
Je pense aux bisons morts pour la pelleterie.

Le shaman psalmodie où le totem se dresse.
Mes frères, les Sioux ont perdu leur adresse
Et mon arc épuisé dort au seuil du tipi.

Le calumet s'éteint au wigwam assoupi.
Aux sabots des mustangs, aux couleurs de l'automne,
Little Big Horn soudain, apparaît et résonne.

Quand l'esprit du sachem, livre au vent, sa détresse,
Quand chaque lune morne apporte sa tristesse,
Je revois cette squaw avec ses longues tresses,
L'assaut des soldats bleus, les drapeaux, les fanions,
Quand ma lance brisée a franchi les canyons,
Sans pouvoir la sauver. C'était une princesse.
Nous étions à Sand Creek et c'était ma jeunesse.

Serge LAURENT
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#Posté le jeudi 15 décembre 2011 09:25

Le sentier enchanteur

Tous les sapins penchaient leur couronne enneigée
Vers le petit sentier courant entre leurs troncs
Et les glaces en fleur se suspendaient aux joncs
Où le lac étalait sa moirure immergée.

Et le petit sentier, comme un daim batifole,
Courait par la forêt, roulait dans le vallon,
Sous un astre riant, pendu comme un ballon,
Où les jeunes lapins dansaient la farandole.

Il existe un chemin pour le chaperon rouge
Où le loup ne pourra jamais être cruel
Car il est fréquenté par le père Noël
Et chacun de ses pas enchante ce qui bouge.

Il existe un destin pour le sentier magique
Où chaque paysage apporte son tableau,
Un livre où chaque page apporte un fabliau,
Chaque buisson, l'été, sa cantate lyrique.

Comme un lutin sautant collines, clairières,
Se jouant de l'obstacle et de la météo,
Il mène Juliette auprès de Roméo,
Et les princes charmants, aux bras, des rosières.

Il est comme le vent ! Il est comme la fête :
Il va de ville en bourg séduisant ménestrel
Et sa joyeuse aubade ouvrant l'ultime crête,
Rejoint la mer immense où s'élance un pétrel.

Serge LAURENT
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#Posté le jeudi 15 décembre 2011 09:20

Modifié le vendredi 16 décembre 2011 02:36

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